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| L'océane : pour Alain Jegou |
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| Trace : Dolmen de Mané-Kérioned |
Chemin creux : Pour Marie-Josée Christien
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| la porte de l'Ouest : pour Guy Allix |
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| Love story : à Marie-Claude |
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| Golfe du Morbihan : Le guetteur de marée . Pour Henri Droguet |
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| Soleil vert : pour Joëlle Mandart |
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| Pointe de Kerpenhir : Aux gens de mer |
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| A mon Père |
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| Le royaume des morts |
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| Cercles de silence : Le champ des martyrs de Brec'h |
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| Spirale : Table des Marchands de Locmariaquer |
à celle que j'aime.
Je crois bien avoir fini par oublier que ma place n'était pas non plus dans cette grande nature, alors, j'ai continué à chercher. j'y ai trouvé une paix durable et fragile dans l'éphémère.
R.Dautais
Il fallait bien que cela arrive. Pendant ces semaines de silence et de bouleversements en tous genre, j'ai fini par aller la voir un beau matin. Le vent soufflait fort sous un ciel pommelé. L'océan, large, généreux, blanc d'écume et de rouleaux à surfeurs, était impressionnant. Alors je le suis dit, pour me rassurer, que c'était la mer, comme en haut, avec les mêmes rêves de partance, mais cette fois, en Bretagne. Une émotion quand même, plus forte, plus légitime et la certitude que rien ne s'arrangerait du grand bordel. Que voulez-vous, la vie c'est comme ça, les armateurs qui ramassent et amassent et ceux qui rament. Notez bien qu'au bout du compte, on m'a dit que cela se finissait un peu pareil.
Je me suis mis à l'ouvrage, dans le vent, pied gauche enfoncé dans le sable, talon traçant le sillon comme un soc, le dos courbé par l'âge et l'effort. Les aimables qui me disent que je ne le fais pas, mon âge, ne sont pas dans mon corps douloureux lorsque je trace une spirale. Une folie sans doute, mais il en existe tant d'autres et qui s'occupent de nous détruire le monde au profit de quelques uns. Le sable mouillé, bien qu'essuyé restait compact et j'ai eu du mal pendant tout l'exercice. D'ailleurs la mer a sifflé la fin de la partie et elle est venue prendre son bien au 22ème tour. Un chiffre fétiche, un chiffre qui me va et me suis dans ma vie. Je lui ai fait grâce des deux derniers tours puisque mes spirales font toutes 24 tours( comme les 24 heures du jour). Ma spirale avait fière allure : l'Océane. Libre d'exister dans sa courte existence, libre de rejoindre la mer et son éternité. Alors quand je me suis mis à écrire ce billet ce matin, je me suis dit que cette spirale, la première sur le sol Breton, depuis mon retour, je l'offrirai à Alain Jégou qui vient de nous quitter Lundi. C'est vrai que les poètes, c'est bien de les aimer de leur vivant, de les lire, les écouter, mais aussi de penser à eux, après, puisqu'ils nous font vivre.J'aurai aimé le rencontrer.
La Bretagne, quand ça te coule dans les veines, c'est bien impossible de tout expliquer.Pour moi, c'est une vieille histoire de plus de 70 ans maintenant. Ce retour, j'y ai rêvé pendant 30 ans et, une fois sur place, il n'y a rien d'autre à faire que de continuer le chemin, sans rien attendre de particulier si ce n'est de continuer cette expérimentation au travers d'une vie qui passe par le land art. Le pays fera le reste.
Au cœur du dolmen du Méné-Lud, à l'instant où j'allais installer une petite spirale de feuilles, un merle chantait qui me ramena au triste jour où l'on mettait en terre, mon père. Je m'étais dit que ce chant vallait mieux que toutes les prières et ne pouvait pas mieux tomber pour accompagner un homme ayant travaillé la terre toute sa vie et qui aimait les oiseaux. Je me suis dit que, certainement, ici, les morts entendaient le chant du merle, qu'ils ne pouvaient être loin, dans ce sanctuaire et que j'étais, en leur rendant hommage, un peu des leurs. Je me sentais bien, en belle compagnie, lorsque deux touristes bruyantes sont venues rompre le charme de ce lieu. Je suis sorti rapidement et j'ai repris mon chemin.Comment aurais-je pu leur expliquer ?
Comme je l'avais écrit ,il y a quelques temps en Normandie "
Le point final de ce dialogue, je le ressens comme étant inscrit dans chaque geste, chaque installation. Il est inscrit dans mon histoire comme l'horizon dans le paysage". Je le pense de plus en plus.
Roger Dautais
Je remercie tous mes lecteurs qui, malgré une longue pause du "Chemin des Grands Jardins" ont continué à le visiter et à y déposer leurs commentaires amicaux.
c’est trop vioque
TOTEMS D'AILLEURS
à Belle-île
à Georges Le Bayon
Un ciel nous enlumine dans la tiédeur
d'un matin d'été. les mots sont simples
qui dévalent, se dévoilent ou s'écoulent
avec fièvre et ferveur des reflets, des tein-
tes, des paysages, qui nous environnent.
D'une île qu'il nous est permis d'étrein-
dre, pleurèquent les champs et nostalgient
des senteurs trop vite évaporées, enfuies,
enfouies, dans les vapeurs d'échappe-
ments qui meurent nos saisons froides.
Des espaces où nous fûmes qu'il nous
est permis de caresser encore et encore du
regard et de l'espoir.
Les sens s'ébouriffent et l'imaginaire
adhère au rituel d'un spectacle d'une gran-
diose simplicité, au délit de vie paisible, au
défi de lumière qui s'offre, au délire d'une
nature seconde microcosme de sa création
et de sa créativité latente. ....
ALAIN JEGOU
A LANCE HENSON
janvier-février 1998Le nuit froide fait éclater
siagner les gerçures
de la terre-mère
la lune du peyotl
aguiche nos regards
bizarrement boutiqués
dans le Renault Master Rock and Roll
Jim Morrison espère plumer son cafard
en enterrant sa hache de guerre
Entre Carhaix et Lorient
la campagne est livide
solitaire et glaciale
aucun phare ni fanal
aucune loupiote amène
pas même un feu follet
déconnant tout son soûl
pour égayer la lande
rien que nous et le diesel
pour trouer le silence
fendre la bise barbare
et câliner l'asphalte
"Hey brother ! Are you OK ? "
ALAIN JEGOU
dans le phrasé
presque édulcoré
emmitouflé
comme autour des couilles
une belle paire de parenthèses
avec quels vocables frimer
qu’il faut le dire de toute urgence
qu’atteindre ce niveau
et ne rien établir d’autre
que dans la définition du définitif
certains ont des mots plein les fouilles
qui sempiternellent
la façon
et c’est bien mis
d’entre eux que le verbe bien ajusté
c’est essentiel
puisqu’il existe une règle à respecter
la poésie a ses ourses
c’est pourquoi la plupart des poètes
écrivent avec un tampax
j’ai pas mal d’écume dans le cigare
c’est pas normal
d’où les mots qui gerbent parfois
ça peut se comprendre lorsque le temps
est dur
plutôt qu’aligner des mots qui mollusquent
tellement souvent
j’ai quelques écarts de langage
comme de cracher au vent
c’est un peu bravache mais tellement lénifiant
et puis par bribes de lancinances
ébahi dans la tourmente
comme une chanson d’abysses qui rôde
autour de moi
c’est trop grand
trop important
toute cette flotte
j’arrive pas à toujours raidir de mon ventre
c’est épuisant
j’arrive jamais à balancer toutes
mes fusées dans le bon ordre
j’arrive pas à pinailler ma vie
comme je le devrais
c’est con
trop entier
avec cette montée de moi
qui remonte encore plus
comme mortalité
presque futuriste pour le causer
m’établir fixe
rêve calibré à outrance
comme dans les revues
« j’arrive » disait Brel
aussi vioque dans ma peau
que sous les lèvres sensuelles
des sangsues
c’est bandant
de sentir et savoir toute cette ferveur
amoureuse autour du gland
mais ça ne lessive que la chair
et la chair c’est tellement triste après
quand le cerveau reprend son lest
c’est peut-être mal aussi
que de fournir à la postérité
de tels états d’esprit
avec tous ces gravats dans l’âme
c’est presque pardonnable
cependant
mal jugé
qu’il faut être louffe
pour insister
qui persiste et vit
malgré ce qu’ils en pensent
faudrait pourtant pas croire
qu’il suffit de dire certaines choses
pour faire preuve du plus parfait
équilibre
comme dans la force des mots
qu’il y a tellement de nébuleux
qui fait naître la nausée
c’est trop vioque dans le phrasé
presque édulcoré
emmitouflé
comme autour des couilles
une belle paire de parenthèses
avec quels vocables frimer
qu’il faut le dire de toute urgence
qu’atteindre ce niveau
et ne rien établir d’autre
que dans la définition du définitif
certains ont des mots plein les fouilles
qui sempiternellent
la façon
et c’est bien mis
d’entre eux que le verbe bien ajusté
c’est essentiel
puisqu’il existe une règle à respecter
la poésie a ses ourses
c’est pourquoi la plupart des poètes
écrivent avec un tampax
j’ai pas mal d’écume dans le cigare
c’est pas normal
d’où les mots qui gerbent parfois
ça peut se comprendre lorsque le temps
est dur
plutôt qu’aligner des mots qui mollusquent
tellement souvent
j’ai quelques écarts de langage
comme de cracher au vent
c’est un peu bravache mais tellement lénifiant
et puis par bribes de lancinances
ébahi dans la tourmente
comme une chanson d’abysses qui rôde
autour de moi
c’est trop grand
trop important
toute cette flotte
j’arrive pas à toujours raidir de mon ventre
c’est épuisant
j’arrive jamais à balancer toutes
mes fusées dans le bon ordre
j’arrive pas à pinailler ma vie
comme je le devrais
c’est con
trop entier
avec cette montée de moi
qui remonte encore plus
comme mortalité
presque futuriste pour le causer
m’établir fixe
rêve calibré à outrance
comme dans les revues
« j’arrive » disait Brel
aussi vioque dans ma peau
que sous les lèvres sensuelles
des sangsues
c’est bandant
de sentir et savoir toute cette ferveur
amoureuse autour du gland
mais ça ne lessive que la chair
et la chair c’est tellement triste après
quand le cerveau reprend son lest
c’est peut-être mal aussi
que de fournir à la postérité
de tels états d’esprit
avec tous ces gravats dans l’âme
c’est presque pardonnable
cependant
mal jugé
qu’il faut être louffe
pour insister
qui persiste et vit
malgré ce qu’ils en pensent
faudrait pourtant pas croire
qu’il suffit de dire certaines choses
pour faire preuve du plus parfait
équilibre
comme dans la force des mots
qu’il y a tellement de nébuleux
qui fait naître la nausée