La vie, comme elle va

"S'il suffisait de lire comme dans une bulle de cristal, alors, ce serait, facile.Mais il faut vite déchanter, prendre la route, sac au dos et marcher, toujours marcher pour oublier ce que l'on a déjà fait, ce que l'on va faire. Il faut attendre que la nature nous prenne et nous ouvre sa voie. C'est une progression incessante, pour de si petites choses".
Roger Dautais . Septembre 2009

LE CHEMIN DES GRANDS JARDINS

Un voyage étonnant au cœur du land Art

vendredi 5 février 2016

Lampedusa blues : pour Maïté/Aliénor
Guetteur de silence : mémoire de silence
Cairn de Holy Motors :  pour Denis Lavant

Le  point de non-retour : pour Chrys
Cairn de la Jument : Ruma
Cardinales : pour UUna
Le charbon de bois : Guy Allix
Mourir  à Lampedusa :  pour Marty
Élévation  pour  une  mise en terre   :  pour Serg-Mathurin Thébault
Circulation  transversale et rouge Pour Anne-Marie Bodard
La partition  :  pour  Erin
La deuxième chance :  pour Danièle Duteil
L'arbre du pays Toraja :  pour l'inconnu X
Autopsie d'un estran :  pour   Marie-Josée Christien
L'appel de  l'errance :  pour  Youenn Gwernig
Mémoires d'hiver : pour  Pastelle
Topographie d'un rêve  :  pour Sylvie ( L'esperluette )
Les autres raisons  :  pour Tilia
Les sept raisons d'être  là  : pour Christian Cottard
Focus  :  pour  Noushka



à Marie-Claude...

 

Lampedusa

Il fait froid. Le ciel est plombé. Je suis seul dans les falaises de Ty Bihan. Je cherche  une grosse roche, qui se détacherait de la  lourde masse des rochers et qui  puisse être cernée  à marée haute. Ici, avec le ressac, les vagues  sont courtes mais puissantes. Je suis parti à la recherche de pierres  oblongues avec lesquelles  je vais  installer une scène évoquant des naufragés perchés sur la roche. Je dois en trouver  une douzaine. Ils évoqueront les silhouettes des rescapés provisoires.
Cette quête me prend un peu de temps, car la  marche sur ces  pierriers mouillés, très glissantes, est un peu risquée lorsqu'on a les bras chargés. Un par  un, les corps  s'érigent. Je retourne ensuite  à la recherche de têtes  pour mes personnages.  
2002 fût la première année de mes installations sur le thème de  l'exil. 2016, le  phénomène s'est amplifié, toujours  plus cruel. Je l'évoque régulièrement, Mare Nostrum, les noyades de masse, Lampedusa. 
Mes personnages se veulent provisoirement sauvés mais regardent-ils vers la mer, à la recherche de disparus ayant  eu moins de chance,  ou vers  le continent,  à la recherche d'un autre pays plus accueillant?
La scène est en place  à Ty Bihan. Les premières vagues  approchent et frappent le rocher. Premières  photos,  insatisfaisantes. Je ne travaille pas au téléobjectif, je préfère être dans l'action, sentir la mer, le  froid. Le niveau d'eau commence  à monter. J'entre dans la mer. Elle est froide. Les vagues prennent du volume, de la  puissance. Ma présence en ce  lieu est limitée, car à tout moment,  une vague  plus  haute,  plus forte,  peut m'emporter. Je fais mes dernières  photos et  me dégage vivement vers  l'arrière. Il était temps.

L'arbre du pays Toraja

Pourquoi  me suis-je perdu dans cette dévotion particulière, ce culte aux enfants-mort-nés des Toraja ? Probablement, après avoir découvert récemment que cette coutume très touchante de confier le corps des enfants défunts au ventre des arbres ressemble  à ce que je dessine depuis  longtemps sans jamais avoir eu connaissance  de cette cérémonie.
Mais aussi parce que la mer a rejeté  un corps sans tête sur  une plage proche d'ici, la semaine dernière. Peut-être nous  montrait-elle  à sa façon qu'à son tour elle savait se nourrir des hommes qui la considèrent comme  un lieu de ressource sans  limites.Dans les rochers de Kerpenhir, je trouve un bois flotté de belle taille,  plus  près de  l'arbre que de la branche et dont la courbe  m'inspire aussitôt. Le problème est de le déplacer, sans le  porter car  il est trop  lourd. Je calcule tous mes  mouvements  pour ménager mon dos  blessé. . Je le place  à  l'horizontal et sa  forme évoque  un dôme sur lequel, je vais élever mon cairn qui sera,  ici, l'arbre du pays Toraja, élevé à la mémoire de  l'homme qui perdit la tête en  mer, sur une plage voisine.

  Cueillette
J'ai ramassé  pas mal de  baies et graines ces derniers jours, profitant de la  pluie et du mauvais temps  pour renouer avec mes chemins creux. J'ai cet  exercice de la cueillette qui  prend du temps et fait approcher de  près, différents végétaux. Le ruscus est l'un de ceux-ci et  pousse en abondance dans la région, notamment dans les sous-bois et les chemins creux, humides, dans l'ombre.
Elles  me servent  à réaliser des  installations, à  l’intérieur de cabanes de chantier, de pêcheurs,  à  l'abandon qui  me permettent de travailler  à l'abri. Recherches géométrique de mes extravagances rêvées, topographie d'une vie imaginaire, elle surgissent régulièrement depuis des années, comme pour ponctuer des travaux in-situ. La concentration, la patience requise dans ces créations, me permettent une total extraction du  monde. Elles  ouvrent  à la méditation.

Mémoires d'hiver

Mes premières  boîtes  à mémoires remontent à une dizaine d'années, alors que  mon  premier gisant  a 18 ans. Si le second a  pratiquement disparu depuis  mon retour en Bretagne, trois  en 3ans, les boîtes  à  mémoires sont toujours  présentes. Il s’agissait, dans les premières, de définir  un cadre,  puis de collecter, différents végétaux,  minéraux, dans  un rayon de 2 m. J'ai changé les règles, agrandissant le périmètre, jusqu'à 50m. M'est venue  l'idée de cueillir le  long d'un parcours, d'une marche, tout rassembler et réaliser  une boîte. Celle qui est  présentée  ici, rassemble les  mémoires de chaque végétal , cueilli  pendant  une seule et  unique marche dans le courant du  mois de Janvier.Ce sont bien des couleurs d'hiver.


Cairns

L'océan s'engouffre dans le Golfe du Morbihan. Je me situe sur la première petite  plage, entre la grotte au pins et le grand Menhir. Les dernières tempêtes  l'ont recouverte de  goémon noir. Dans  une anse,  à  l'abri du fort courant de marée  montante, une quarantaine d'oies  bernaches , trouve sa  pitance, accompagnée de de quelques  mouettes. J'aime leur  présence, leur calme, leur sérénité. Le magnétisme du lieu est particulièrement  fort, probablement renforcé par la  présence de cette masse d'eau en  mouvement, toutes les six  heures à la renverse de chaque marée. J'ai passé  plus de temps  à  observer cette nature, qu'à travailler. Cela me permet aussi de porter en moi ces intentions d'hommage qui finissent par se matérialiser en cairns. J'ai trouvé en ce lieu, de  très grosses pierres couverts de  lichen or que  j'ai aimé associer au ballet aérien de  mes  pierres  libres. 
Envoûtant  envolée céleste, confrontation de plein d'univers ou vecteur de rêve, le cairn s'impose en ces  lieux, me laissant  loin derrière.
En ces temps de petite santé, le land art  m'interroge. C'est quelque chose qui me dépasse et  me concerne en même temps. Il  y a des chose de  moi,  oubliées, que je retrouve. Elles me permettent de traverser mes épreuves. La route 73 existe bien sous mes  pieds, je me dois de la parcourir au mieux.

Roger Dautais




la côte hostile
sa présence
parmi les brumes
au loin
nulle tension palpable
pourtant
dans ces hôtels
où l’on mange toujours
trop

***

il n’y a rien
après
si ce n’est que
la vie
continue
celle qu’on a
quelquefois
créée
aux instants
de l’évidence droite 

 ***

on fait de nous
des avachis du chariot
malgré nous
sous les hangars béats
heureux nous
de Sainte Consommation

Paul Badin

Pour en savoir  plus sur ce  poète
consulter l'Anthologie subjective du frérot, Guy Allix :  

http://anthosuballix.canalblog.com/pages/paul-badin/27631919.html

lundi 18 janvier 2016

Le veilleur du temps :  pour  Pastelle
La déchirure  :  pour  Tilia
Objets trouvés :  pour Maïté- Alienor
Signes perdus de  l'Île Stuhan :  pour rêveuse de mots
L'attrapeur de  lumière :  pour  François Esperet
Le guetteur de silence :  pour  Mémoire de silence
Le veilleur de l'aube :  pour Bob Bushell
La question de la route  à  prendre  : pour Véronique Brill
Les errants de Lampedusa :  Pour Guisi Nicolini, Maire de cette Île *
L'échappée rouge,  pour Kenza
Buchettes et lichens dorés : pour Dina Brito
Dedans-Dehors :  pour  Synnöve Schneider
Le giron rouge:  Isabella Kramer
Le rappel en hiver :  pour Marie-Josée Christien
Cairn en Loc'h :  pour  Louise Browaeys
Rencontre  à marée haute :  pour Luce Lapin
Dernier feu : pour Patrick Lucas
Le permis :  pour France
Zen   :  pour  Marie-Claude


Ne te rassure pas trop vite. Ce n'est pas  une  photo de plus qui changera le monde. Et  même, si cela était, ce changement durerait combien de temps ?
Le Net est une grande gueule béante qui avale tout, en redemande,  insatiable. Toujours  plus, dit le  public et le  monstre avale...
R.Dautais 





Route 73


Les  prémices de  l'hiver ont fini  par apparaître,  puis par s'installer. Vent, tempêtes,  plies à répétition, grêle,  l'eau s'est imposée  partout. Pas une lande qui ne soit colonisée par les dormantes  noires et piégeuses. Lorsque rien ne vient altérer ces premières  impressions,  on se croit prisonnier du mauvais temps  pour toujours.
Les  semaines  ont passé,  m'écartant durablement du land art,  à en croire une fin de  pratique. Les  loups  ont  hurlé autour de  moi : trop vieux, trop blessé, trop  prétentieux, trop malade. 
J'ai remis la machine  à rêve en  marche, jusqu'à ce que je retrouve au  moins,  une partie de mes  moyens physiques. J'ai  pris la route 73 à parcourir, vaille que vaille,  pour une  longue année.
J'ai renoué avec cette vraie  jubilation, née de ce retour au vrai mien, au cœur de l'inconfort des saisons. Cette résonance  viscérale de la nature en  moi, c'était la preuve que l'indispensable retrouvé, valait le meilleur des viatiques.
J'ai pris la direction de cet océan atlantique trop  longtemps  négligé. Le départ du voyage serait fixé au grand  menhir se tenant  à proximité de la porte de Kerpenhir, porte du golfe du Morbihan. Grand témoin  muet du retour des  oies bernaches. Après, ce serait, cap  à  l'Ouest, La Trinité sur Mer, plage de Kerbihan, le Men Du,  l'île de Stuhan, Carnac, les falaises de Ty Bihan, les petites falaises de Légénèse. Je connaissais ces lieux par cœur, mais jamais ce qu'ils me réservaient comme surprise.
Un beau programme  pour  un convalescent. Et si jamais  mon dos  me  lâchait à nouveau, en route? Je n'y ai pas pensé.
J'ai croisé les  premières bernaches en nombre,à  à  l'est de l’île de Stuhan et  j'ai pris beaucoup de temps  à  les  observer. Certes, je n'irai jamais en Sibérie, mais elles était  ici  pour  m'y faire rêver. Ces oiseaux appréciaient la Mor Braz, ses  côtes et le Golfe.
D'un site  à  l'autre, j'ai trouvé des  milliers de  pierres dont certaines  maintenant,  m'étaient  interdites  à soulever parce que trop  lourdes. 
Les cairns sont nés, les  uns après les autres, comme les premiers jalons sur cette route 73 et  j'ai senti revenir ce désir de vivre dans ces  lieux,  inspiré et sensible à la création qui s'était retirée.
C'est sur une des ces  plages que  j'ai rencontré  une personne curieuse de mon  manège. Elle me demandait qui  j'étais, perdu dans  l'immensité d'une plage vide, pratiquant le land art. Qui  m'obligeait à tant d'efforts physiques, alors que personne ne me  l'imposait ? J'aurais du lui  parler de cette urgence ressentie,de cette recherche de dépassement, des  limites  à atteindre,  moi qui les avait dépassées si souvent, et que, maintenant, je vivais dans ce no man's land, inquiète, attentif, heureux. Mais j'ai préféré garder le silence et passer mon chemin.

J'ai toujours su saisir le moment  où la musique de  l'amnésie s'installe, avant que tout ne disparaisse. Il est contenu dans ce que je fais.Mais les possédants, les sachant , les experts ne nous  imaginent  pas comme ça. Ils nous veulent, comme  le dit Alexandre Jollien, " pauvres et muets, sans paroles et sans rêves ". Reprendre la route 73 c'est donner  tort à ces ratiocineurs, c'est goûter l  l'averse, la giboulée, c'est sentir le froid engourdir mon corps, c'est attendre l’éclaircie, avec le  même  bonheur.  Pourquoi  m'en priver puisque je vais  un peu mieux ? Et  puis, tout cela ne durera pas longtemps, maintenant.

Repartir au creux de cette saison brutale qui  n'est pas  là pour  plaire mais  pour dérouler sa  musique au  juor le jour, c'est me proclamer vivant et vivant, je le suis  mieux dehors.

Roger Dautais



Toi debout

Tout debout, tu vas  au bout de  l'exploit
Sans rien demander  à  l'écume
Tu confies  un voilier de  papier
Au flot de  l'Histoire
Qui  l'emporte comme  une lettre
Sous la  porte de  l'éminente trajectoire

 Ahmed Ben Mahmoud *

* Dernière parution du  poète    http://www.letemps.com.tn/tags/ahmed-ben-mahmoud

Toi debout, tu vas au bout de l’exploit.
Sans rien demander à l’écume
Tu confies un voilier de papier
Au flot de l’Histoire
Qui l’emporte comme une lettre
Sous la porte de l’éminente trajectoire. - See more at: http://www.recoursaupoeme.fr/ahmed-ben-mahmoud/toi-debout#sthash.FxnIRxSr.dpuf
Toi debout, tu vas au bout de l’exploit.
Sans rien demander à l’écume
Tu confies un voilier de papier
Au flot de l’Histoire
Qui l’emporte comme une lettre
Sous la porte de l’éminente trajectoire. - See more at: http://www.recoursaupoeme.fr/ahmed-ben-mahmoud/toi-debout#sthash.FxnIRxSr.dpuf
A lire  un article du Monde sur La Maire courageuse de Lampedusa :
* http://www.telerama.fr/monde/le-prix-simone-de-beauvoir-a-la-maire-de-lampedusa,136908.php

mercredi 23 décembre 2015

Spirale Charlie : à Cabu, Wolinskin Charb, Tignous,
aux autres disparus,  à leurs amis
Mémoires amnésiques : Pour Ana Minguez Corella
Ombres  pesantes sur Lampedusa : Pour Guy Allix
Les vivants et les  morts : pour Christian Cottard
La force de comprendre : pour Crazy Horse 37
La force naissante :  pour Marty
Signe Celtaoïste: Pour Marie-Josée Christien
Honorer la terre noire : pour Anne-Marie Bodard
Cairn blanc:  pour Orfeenix
La confiance ( I ) pour  Fifi
La relève du  guetteur de marée : pour France
Horizontale ferveur  : pour Luce Lapin
Le  plein et le vide: pour Mémoire du silence
Septime  : pour Sole
La confiance récompensée : pour  Pastelle:


Je n'ai pas de  théorie sur le land art, je le vis.
R.D.

Route 73

à Marie-Claude

            Je me suis  longtemps tenu là, en silence devant la mer, sans pouvoir rien faire. C'est elle qui faisait  pour  moi, les gestes manquants et l'année s'est bouclée, ainsi. Me voici enfin parvenu  à la Route 73. les derniers  jours consacré  à la précédente, la route 72  ont été,  longs, rudes,  pénibles. Un  long travelling avec en point de mire, quelques sites réconfortants  à visiter une dernière fois avant la bascule. La  pointe de Kerpenhir, le long dolmen des pierres plates  face  à  l'Océan, à Locmariaquer,les falaises de Ty Bihan, la  longue  plage de  légénèse de Carnac, la baie de Saint-Jean sur la ria de Crac'h, le domaine de Tolvern sur la même ria, le grand Menhir et les alignements du Manio et le lac de Tréhoray  à Brec'h. Je les ai tous revus avec ce  même sentiment du bien qu'ils me procuraient, en même temps que cette force de continuer malgré le mal bien présent.
" Parfois, ça sent le naufrage définitif,  lui dis-je. Elle  m’interroge du regard. Tu vois,  plus rien à sauver, ni corps ni bien... C'était, début Décembre.
Un  mauvais rêve de  plus en ce  mois  noir 
 et puis au réveil, le goût de la vie qui reprend  le dessus. Elle me quitte, rassuré.

Falaises de Ty Bihan
           Ce jour là est  très particulier  pour  moi. Il  m'appartient de le vivre entièrement. Je sors équipé d'une ceinture orthopédique devant  me soulager le dos. Je ne dois tomber en aucun cas et  je marche vers  un  pierrier avec  un corps qui  n'est plus au top. Soudain, j'aperçois mes  premières bernaches,  à à ma droite,  posées près des rochers. On se regarde. Elles  m'acceptent. J'oublie mon mal et vais travailler en leur compagnie. La mer  est haute et calme, la lumière grise, comme l'océan. Une brise légère
d’Ouest berce ces  oies venues de Sibérie.
Je commence  mon  premier cairn. Comme je ne peux  plus soulever de très grosses pierres, j'en choisi  une, en place qui servira de base. Les autres seront choisies assez  proches et je les amène en les faisant glisser, en les tirant, les  poussant, les ripant sur des sortes de rampes réalisées  pour  aider  à la manœuvre. Je travaille  à genoux,  pour les  plus lourdes, puis je termine le cairn,debout. Malgré ce handicap,  mon  plaisir est intact et  mon désir de continuer, réel. Je trouve ma situation comique et suis  obligé d'en rire.
J'ai avec  moi, mon  cercle de fer qui me permet aussi quelques beaux équilibres. Par endroits, les mer est profonde de  plusieurs  mètres et en cas de chute de  l'anneau, je ne le retrouverai  plus. Il faut  bien assurer son équilibre avant d'y installer quelques  pierres. Au  moment des  prises de vues,  il est intéressant de jouer avec l'emplacement de  l'horizon dans cet anneau. Les contre-plongées donnent aussi de belles  photos. Le réveil du lendemain sera  un peu difficile et la journée aussi avec cette difficulté à marcher qui réapparaît.

Je suis Charlie
La spirale Charlie est présente,sur cette dernière page de l'année crée en Janvier 2015 pour ne pas  oublier cette date du mercredi 7 janvier  : le massacre perpétré dans les  locaux de Charlie-Hebdo: Charb, Cabu, Wolinski,Tignous et tous leurs amis. Les ranger dans  l'armoire des  oubliés, serait trop cruel.

Mare Nostrum
Si vous croyez que ça leur passe cette cécité alternative dont sont frappés certains journaux. Non, pas du tout c'est une  mode et la mode doit se renouveler. Un  jour on en parle de ces damnés de la terre,  un jour, non, de ces exilés à Lampedusa ou d'ailleurs, rescapés des  noyades de masse dans la Mare Nostrum. Maintenant,  il faut du chiffre. 15  morts, ce n'est presque  plus rien. Le petit Aylan,  oublié.Je les évoque régulièrement avec mes silhouettes efflanquées qui s'accrochent  à la roche. Je fais avec ce que  j'ai.
Mais aujourd'hui, c'est du  prix du kilo de truffes  ou du chapon dont  on  parle a la TV. Viendront bientôt, les huîtres  puis le champagne.

Continuer ma route est une obsession. Marcher, même si marcher est une anomalie dans notre  monde  moderne.

Terres noires

Je ne suis pas trop sensible aux odeurs, mais celle de la terre noire, après la  pluie,  ou, sous la rosée au petit matin, j'aime beaucoup. Je dégage  la partie supérieure de  l'humus dans ce sous-bois de la Baie de Saint Jean en ria de crac'h.  Je  prépare deux  carrés de 60cm de côté, entre les tiges de fougères,  brunies par  l'automne, mais,  présentes. Ta terre st tiède. Sur le premier carré  naître  un mandala réalisé avec ma réserve de baies et cupules, que  je renouvelle au cours des marches dans le pays d'Auray.. Sur le deuxième carré de  terre  noire, viendront trouver place des courbes et lignes de couleurs me font penser au  peintre Paul Quéré a sa philosophie Celtaoïste.

Je joue avec des petits riens que j'assemble comme des secondes dans  une heure. Je les appelle mandala ou  installations. elles me demandent beau coup de temps. Je dis des "  rien " parce qu'elle sont considérées comme des "  rien ". C'est ma vie et  une vie  ce n'est jamais  " rien". Il  y a toujours ce  miracle de respirer de se servir de tous mes sens, de faire partie d'une société. Cela ne compte pas aux yeux de ceux qui  possèdent le savoir. On  peut en mourir de ce  mépris  là. J'ai choisi de ne pas en tenir compte et de continuer  à réaliser ces mandala, de tracer des spirales, d'élever des cairns. De toute façon, dans  un futur plus  ou  moins  proche, tout le  monde aura disparu ou presque, remplacé par d'autres. Certains continueront  à assembler des petits riens que d'autres  ignoreront qu'ils sont mortels, continuant  à assembler biens et fortunes qu'imaginent  probablement emporter avec eux, le jour de leur disparition..

Je rêve d'un  monde sans armes, sans violence, sans guerre,  plus fraternel,  plus équitable. Il paraît que c'est démodé, Tant pis, c'est le monde que je vous souhaite pour 2016. J'ai fait aussi le rêve de continuer le land art sur la route 73 et de vous offrir  mon  travail.

Roger Dautais




Il y a des arbres
Il y a ce vent très frais
Il y a eu peut-être des ours ici
Il y a longtemps
Il y a le soir qui tombe
bientôt
Il y a tant d'oiseaux qu'on devine, qu'on ne voit pas
Il y a les yeux le désir de rester juste un peu
Tu veux
mais s'il fait noir
Il n'y a pas à dire
seulement à murmurer
et encore.


François David

Retrouvez ce poète dans l'Anthologie subjective de mon ami Guy Allix

guyalliax.art.officelive.com/françoisdavid.aspx

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Landartiste, photographe, auteur de livres pour enfants, Roger Dautais est aussi un artiste atypique, sensible et attachant.Il a sû, dans la diversité de ses expressions, trouver une harmonie par la pratique quotidienne de cet art éphémère : le Land Art. Il dit "y puiser forces et ressources qui lui permettent, également, depuis de nombreuses années, d'intervenir auprès de personnes en grande difficulté ( Centre de détention pour longues peines et personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer) pour les aider par la médiation de l'art.